Skip to content
1901

A JAMAIS

Lucie DELARUE-MARDRUS

Les amants sont venus à moi pour m'adorer Et j'ai cru que chacun allait être mon rêve Et que j'allais enfin connaître l'heure brève Où vibrer tout entière et prier et pleurer.

Mais, hélas ! les amants n'ont pas compris mon âme Et j'ai vu choir tous leurs prestiges tour à tour. Ils n'ont pas su m'aimer, ils n'ont pas su l'amour, Ils n'ont pas su l'amante, ils n'ont pas su la femme.

Et je les ai punis de n'avoir pas compris : J'ai détourné loin d'eux ma bouche et mes caresses, Je les ai déchirés dans mes mains vengeresses, Je les ai chassés tous, sanglants et plus épris.

Et je veux demeurer de chair et d'âme vierge ; Et les amants viendront à moi pour m'adorer ; Mais implacablement je les ferai pleurer Et s'en aller, vaincus, de ma hautaine berge.

Cookies on Poetry Cove

We use cookies to remember your language preference and — only with your consent — to learn how Poetry Cove is used. You can change your mind any time.
A JAMAIS · Lucie DELARUE-MARDRUS · Poetry Cove