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1858

TROIS JOURS DE VENDANGES

Alphonse DAUDET

Je l’ai rencontrée un jour de vendange, La jupe troussée et le pied mignon ; Point de guimpe jaune et point de chignon : L’air d’une bacchante et les yeux d’un ange.

Suspendue au bras d’un doux compagnon, Je l’ai rencontrée aux champs d’Avignon, Un jour de vendange. Je l’ai rencontrée un jour de vendange.

La plaine était morne et le ciel brûlant ; Elle marchait seule et d’un pas tremblant, Son regard brillait d’une flamme étrange. Je frisonne encore en me rappelant

Comme je te vis, cher fantôme blanc, Un jour de vendange. Je l’ai rencontrée un jour de vendange, Et j’en rêve encor presque tous les jours.

Le cercueil était couvert en velours, Le drap noir avait une double frange. Les sœurs d’Avignon pleuraient tout autour… La vigne avait trop de raisins ; l’Amour

A fait la vendange.

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TROIS JOURS DE VENDANGES · Alphonse DAUDET · Poetry Cove