Moitié chevreau, moitié satin, Quand elles courent par la chambre, Clic ! clac !Clic ! clac ! Il faut voir de quel air mutin
Leur fine semelle se cambre. Clic ! clac !Clic ! clac ! Sous de minces boucles d’argent, Toujours trottant, jamais oisives,
Clic ! clac !Clic ! clac ! Elles ont l’air intelligent De deux petites souris vives. Clic ! clac !Clic ! clac !
Elles ont le marcher d’un roi, Les élégances d’un Clitandre, Clic ! clac !Clic ! clac ! Par là-dessus, je ne sais quoi
De fou, de railleur et de tendre. Clic ! clac !Clic ! clac ! En hiver au coin d’un bon feu, Quand le sarment pétille et flambe,
Clic ! clac !Clic ! clac ! Elles aiment à rire un peu, En laissant voir un bout de jambe. Clic ! clac !Clic ! clac !
Mais quoique assez lestes, — au fond, Elles ne sont pas libertines, Clic ! clac !Clic ! clac ! Et ne feraient pas ce que font
La plupart des autres bottines. Clic ! clac !Clic ! clac ! Jamais on ne nous trouvera, Dansant des polkas buissonnières,
Clic ! clac !Clic ! clac ! Au bal masqué de l’Opéra, Ou dans le casino d’Asnières. Clic ! clac !Clic ! clac !
C’est tout au plus si nous allons, Deux fois par mois, avec décence, Clic ! clac !Clic ! clac ! Nous trémousser dans les salons
Des bottines de connaissance. Clic ! clac !Clic ! clac ! Puis quand nous avons bien trotté, Le soir nous faisons nos prières,
Clic ! clac !Clic ! clac ! Avec toute la gravité De deux petites sœurs tourières. Clic ! clac !Clic ! clac !
Maintenant, dire où j’ai connu Ces merveilles de mignature, Clic ! clac !Clic ! clac ! Le premier chroniqueur venu
Vous en contera l’aventure. Clic ! clac !Clic ! clac ! Je vous avouerai cependant Que souventes fois il m’arrive,
Clic ! clac !Clic ! clac ! De verser, en les regardant, Une grosse larme furtive. Clic ! clac !Clic ! clac !
Je songe que tout doit finir, Même un poème d’humoriste, Clic ! clac !Clic ! clac ! Et qu’un jour prochain peut venir
Où je serai bien seul, bien triste, Clic ! clac !Clic ! clac ! Lorsque, — pour une bonne fois, Mes oiseaux prenant leur volée,
Clic ! clac !Clic ! clac ! De loin, sur l’escalier de bois, J’entendrai, l’âme désolée : Clic ! clac !Clic ! clac !
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