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1932

La guerre de Cuba

Louis DANTIN

Les Yankees sur la mappemonde Ronde Voudraient voir pour maîtres et dieux Eux.

Ils happent, comme crocodiles, Iles, Plaines et monts, villes et ports Forts.

Aux cieux où fleurit le cigare Gare ! Sampson avec ses loups-garoux Roux

S'en vient, du haut de sa pirogue, Rogue, Dire au valeureux hidalgo : « Go ! »

Mais l'autre, sans cérémonie, Nie Le droit d'être ailleurs que chez soi Roi.

Lui qui vainquit le matamore Maure Croit pouvoir noyer dans son sang Sam.

Si la chaire de Salamanque Manque De syllogisme assez subtil, Il

Répondra d'une autre manière Fière Par la bouche de maint canon : « Non ! »

Mais pour garder à cette flamme L'âme Il faudrait, las ! de pesetas Tas !

Et l'on n'a du nerf de la guerre Guère Au sol indolent où Madrid Rit.

De Saragosse à Carthagène Gêne ! Pour le troupier, pour le marin, Rien !

Pour Manille là-bas qui lutte Flûte ! Et pour la flotte de Cadix Nix !

Alors régiments et bagages, Sages, Restent aux portes d'Alcala : Là

Leur patriotisme s'excite Vite ; Ils vont pourfendant, sable au clair, L'air.

L'oncle Sam, qui fait la grimace, Masse Cent croiseurs aux aciers épais ; Mais

Toujours la flotte scélérate Rate Les effets de ses gros vaisseaux Sots.

Cependant, voyez comme danse L'anse Du panier d'où le lourd trésor Sort !

Vont-ils boire la banqueroute Toute Pour être, à coup de millions, Lions ?

Aussi, quand survient à leur rêve Trêve Et qu'ils voient fuir les billets verts Chers,

Le marchand qui vit sous leur crâne Damne Le mal de mettre des Cubas Bas.

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