Skip to content
1932

Évocation

Louis DANTIN

Lorsque le soir s'abat sur ton sourcil géant Et que, plus fantastique, au bord du flot béant Québec, ta grande ombre se penche, Comme portée au vol de vents magiciens,

Vers toi furtivement l'âme des jours anciens Accourt, mystérieuse et blanche. Le jour est aux vivants, à ces fils nés d'hier Et que demain appelle, et qui de leur pas fier

Foulent tes places et tes rues ; Mais le passé frissonne et flotte dans la nuit ; Et tu t'émeus à voir, dans ses ombres, sans bruit Glisser les gloires disparues.

Ils sont là tous, tous les héros, tous les vainqueurs, Tous les vaincus, tous les martyrs, tous les grands coeurs, Marins, femmes, soldats ou prêtres ; Et dans tes murs ayant leur cendre pour ciment

Ils refont chaque nuit mélancoliquement La procession des ancêtres. Car il faut que leur nom aille aux siècles lointains ; Car il faut que leur race achève les destins

Dont ils la laissèrent gardienne : Ô Québec ! si leur vision hante tes soirs, C'est pour hausser ton âme et grandir tes espoirs, C'est pour que Québec se souvienne.

Cookies on Poetry Cove

We use cookies to remember your language preference and — only with your consent — to learn how Poetry Cove is used. You can change your mind any time.
Évocation · Louis DANTIN · Poetry Cove