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1908

Valse

Charles CROS

Loin du bal, dans le parc humide Déjà fleurissaient les lilas ; Il m'a pressée entre ses bras. Qu'on est folle à l'âge timide !

Par un soir triomphal Dans le parc, loin du bal, Il me dit ce blasphème : « Je vous aime ! »

Puis j'allai chaque soir, Blanche dans le bois noir, Pour le revoir Lui mon espoir, mon espoir

Suprême. Loin du bal dans le parc humide Qu'on est folle à l'âge timide ! Dans la valse ardente il t'emporte

Blonde fiancée aux yeux verts ; Il mourra du regard pervers, Moi, de son amour je suis morte. Par un soir triomphal

Dans le parc, loin du bal Il me dit ce blasphème : « Je vous aime ! » Ne jamais plus le voir…

A présent tout est noir ; Mourir ce soir Est mon espoir, mon espoir Suprême.

Dans la valse ardente il l'emporte Moi, je suis oubliée et morte.

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