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1908

Déserteuses

Charles CROS

Un temple ambré, le ciel bleu, des cariatides. Des bois mystérieux ; un peu plus loin, la mer… Une cariatide eut un regard amer Et dit : C'est ennuyeux de vivre en ces temps vides.

La seconde tourna ses grands yeux froids, avides, Vers Lui, le bien-aimé, l'homme vivant et fier Qui, venu de Paris, peignait d'un pinceau clair Ces pierres, et ce ciel, et ces lointains limpides.

Puis la troisième et la quatrième : « Comment Retirer nos cheveux de cet entablement ? Allons ! nous avons trop longtemps gardé nos poses ! » Et toutes, par les prés et les sentiers fleuris,

Elles coururent vers des amants, vers Paris ; Et le temple croula parmi les lauriers roses.

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