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1908

Aux femmes

Charles CROS

Noyez dans un regard limpide, aérien, Les douleurs. Ne dites rien de mal, ne dites rien de bien, Soyez fleurs.

Soyez fleurs : par ces temps enragés, enfumés De charbon, Soyez roses et lys. Et puis, aimez, aimez ! C'est si bon !…

Il y a la fleur, il y a la femme, Il y a le bois où l'on peut courir Il y a l'étang où l'on peut mourir. Alors, que nous fait l'éloge ou le blâme ?

L'aurore naît et la mort vient. Qu'ai-je fait de mal ou de bien ? Je suis emporté par l'orage, Riant, pleurant, mais jamais sage.

Ceux qui dédaignent les amours Ont tort, ont tort, Car le soleil brille toujours ; La Mort, la Mort

Vient vite et les sentiers sont courts. Comme tu souffres, mon pays, Ô lumineuse, ô douce France, Et tous les peuples ébahis

Ne comprennent pas ta souffrance.

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