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PRÉFACE

Pierre CORNEILLE

« vous dont un poids trop lourd étouffe la vigueur, Vous que je vois gémir sous un travail trop rude, Accourez tous à moi, venez, dit le seigneur, Venez, je vous rendrai de la force et du cœur,

Je vous affranchirai de toute lassitude. Le pain que je réserve à qui me sait chercher N'est autre que ma propre chair, Que je dois à mon père offrir pour votre vie :

Prenez, mangez, c'est mon vrai corps Qu'on livrera pour vous aux rages de l'envie, Et qui d'un pain visible emprunte les dehors. « faites en ma mémoire un jour à votre rang

Ce qu'à vos yeux je fais avant ma dernière heure. Ceux qui mangent ma chair, ceux qui boivent mon sang, Ce sang qui dans ce vase est tel que dans mon flanc, Demeurent dans moi-même, et dans eux je demeure.

Dites ce que je dis pour faire comme moi : L'efficace de votre foi Produira même effet par les paroles mêmes ; Donnez aux miennes plein crédit,

Et n'oubliez jamais que mes bontés suprêmes Les remplissent toujours et de vie et d'esprit. »

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