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1873

HIDALDO !

Tristan CORBIÈRE

Ils sont fiers ceux-là !… comme poux sur la gale ! C'est à la don-Juan qu'ils vous font votre malle. Ils ne sentent pas bon, mais ils fleurent le preux : Valeureux vauriens, crétins chevalereux !

Prenant sans demander — toujours suant la race, — Et demandant un sol, — mais toujours pleins de grâce. Là, j'ai fait le croquis d'un mendiant à cheval : — Le Cid … un cid par un été de carnaval :

— Je cheminais — à pieds — traînant une compagne ; Le soleil craquelait la route en blanc-d'Espagne ; Et le cid fut sur nous en un temps de galop… Là, me pressant entre le mur et le garrot :

— Ah ! seigneur Cavalier, d'honneur ! sur ma parole ! Je mendie à genoux : un oignon … une obole ?… — (Et son cheval paissait mon col.) — Pauvre animal, Il vous aime déjà ! Ne prenez pas à mal…

— Au large ! — Oh ! mais : au moins votre bout de cigare ?… La Vierge vous le rende. — Allons : au large ! ou : gare ! (Son pied nu prenait ma poche en étrier.) — Pitié pour un infirme, o seigneur-cavalier…

— Tiens donc un sou… — Senor, que jamais je n'oublie Votre Grâce ! Pardon, je vous ai retardé… Senora : Merci, toi ! pour être si jolie… Ma Jolie, et : Merci pour m'avoir regardé !

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