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1872

Réponse

François COPPÉE

« Mais je l’ai vu si peu ! » disiez-vous l’autre jour. – Et moi, vous ai-je vue en effet davantage ? En un moment mon cœur s’est donné sans partage. Ne pouvez-vous ainsi m’aimer à votre tour ?

Pour monter d’un coup d’aile au sommet de la tour, Pour emplir de clartés l’horizon noir d’orage, Et pour nous enchanter de son puissant mirage, Quel temps faut-il à l’aigle, à l’éclair, à l’amour ?

Je vous ai vue à peine, et vous m’êtes ravie ! Mais à vous mériter je consacre ma vie Et du sombre avenir j’accepte le défi. Pour s’aimer faut-il donc tellement se connaître,

Puisque, pour allumer le feu qui me pénètre, Chère âme, un seul regard de vos yeux a suffi ?

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