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1874

Lendemain

François COPPÉE

Puisque, à peine désenlacée De l'étreinte de mes deux bras, Tu demandes à ma pensée Ces vers qu'un jour tu brûleras,

Il faut, ce soir, que je surmonte L'état d'adorable langueur Où je rougis un peu de honte, Tout en souriant de bonheur.

Pourtant je l'aime, ma fatigue. C'est ton œuvre, et le long baiser De ta bouche ardente et prodigue A pu seule ainsi m'épuiser ;

Et tu veux que je la secoue, Petite coquette ! tu veux Voir rimer les lys de ta joue Avec la nuit de tes cheveux.

Tu veux que, dissipant le voile Qui trouble mon cerveau si las, Je dise tes regards d'étoile Et ton haleine de lilas.

Mais la preuve, ô capricieuse, Que je ne pense qu'à t'aimer, C'est la fièvre délicieuse Qui m'empêche de l'exprimer.

Ainsi, respecte ma paresse ; Ton souvenir passe au travers. Demande des baisers, maîtresse ; Ne me demande pas des vers.

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