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1925

LE PÊCHEUR

François COPPÉE

Les pieds dans l’eau, bien plus persévérant qu’habile, Portant, pendue au col, sa boîte aux asticots, Sous l’arche du vieux pont sombre et pleine d’échos, Le pêcheur s’est tenu, tout le jour, immobile.

Il ne voit ni le soir qui tombe, ni la ville Qui s’endort dans des bruits vagues et musicaux, Ni, sur les quais, à des intervalles égaux, Le gaz qui fait éclore une étoile débile.

Puis, quand il ne peut plus observer les plongeons De son liège, content de trois maigres goujons, A rentrer au logis enfin il se résigne. O poètes, troublés d’un éternel émoi,

N’avez-vous pas souvent envié comme moi Le paisible bonheur d’un pêcheur à la ligne ?

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