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1925

LA MORT DU POÈTE

François COPPÉE

Sa lyre pour l’adieu déchirant a gémi ; Il repose, un rameau de laurier sur sa couche, Et semble en sa pâleur le poète endormi Qu’une reine de France a baisé sur la bouche.

Il n’est plus, l’enchanteur, et le froid de la mort Habite sous son crâne où bouillait la Pensée, Et son cœur que l’amour a fait battre si fort Ne soulèvera plus sa poitrine glacée.

Ses lèvres, qui laissaient tomber de si doux vers, Sont closes ; et jamais vos beautés éternelles, O femmes, ciel d’azur, flots vermeils, coteaux verts, N’auront plus pour miroirs ses profondes prunelles.

Vierges, versez des pleurs ! Tonne, Dies iræ ! Car c’est un jour de deuil pour la terre inquiète Quand du manteau des nuits tombe un astre éploré. Lorsque s'enfuit au ciel une âme de poète.

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