Sa lyre pour l’adieu déchirant a gémi ;
Il repose, un rameau de laurier sur sa couche,
Et semble en sa pâleur le poète endormi
Qu’une reine de France a baisé sur la bouche.
Il n’est plus, l’enchanteur, et le froid de la mort
Habite sous son crâne où bouillait la Pensée,
Et son cœur que l’amour a fait battre si fort
Ne soulèvera plus sa poitrine glacée.
Ses lèvres, qui laissaient tomber de si doux vers,
Sont closes ; et jamais vos beautés éternelles,
O femmes, ciel d’azur, flots vermeils, coteaux verts,
N’auront plus pour miroirs ses profondes prunelles.
Vierges, versez des pleurs ! Tonne, Dies iræ !
Car c’est un jour de deuil pour la terre inquiète
Quand du manteau des nuits tombe un astre éploré.
Lorsque s'enfuit au ciel une âme de poète.