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1925

L’AUBE TRICOLORE

François COPPÉE

Hier, j’ai surpris l’aurore à son premier éveil, Quand le nid est muet encore sur la branche. Là-haut, le sombre azur. Plus bas, la brume blanche. Enfin, à l’horizon, un flamboiement vermeil.

Bleu, blanc, rouge ! — Le ciel, à nos drapeaux pareil, M’a rendu nos espoirs oubliés de revanche. Car, captive en ces nœuds que, seul, le glaive tranche, L’Alsace attend, là-bas où monte le soleil.

Que de jours et de jours, hélas ! depuis l’outrage ! Peut-être — ô doute amer ! — elle se décourage ! Elle doit, après tant d’angoisse et de douleurs, Se demander parfois si l’on se souvient d’elle !-

— Non. Dans le matin clair arborant nos couleurs, L’Alsace nous répond de loin : « Je suis fidèle ! »

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