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1925

L’ARMURE

François COPPÉE

Pour un homme de taille énorme, Droite sur son piquet de bois, L’armure éclatante et difforme Parle des héros d’autrefois.

Certe, il était d’une autre race, Celui qui, sans plier le dos, Sous le poids de cette cuirasse, Combattait Talbot ou Chandos.

Parmi les belliqueux vacarmes, Sur ce farouche morion L’estoc lourd et le fléau d’armes Faisaient pleuvoir maint horion,

Sans que le cheval d’Aquitaine, Que des jambarts doublés de cuir Étreignait le bon capitaine, Se retournât jamais pour fuir.

Vieille armure ! les épopées Sont loin, où par toi l’on vainquait. Bayard, après cent coups d’épées, A péri d’un coup de mousquet.

Tu peux, bric-à-brac et ferraille, Plaire encore à quelque rapin ; Mais cependant l’artiste raille Sans le vouloir, quand il te peint,

Et, dans ce gouffre noir et vide Qu’on voit par le brassard absent, Montre que sous l’acier livide Aucun cœur ne bat à présent.

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