Skip to content
1925

EN HIVER

François COPPÉE

SUR la route en linceul changée Par deux longs mois de vent du nord, La petite passe, chargée De son lourd fagot de bois mort.

Comme l’horizon s’illumine Des lueurs d’un couchant d’hiver, Sa silhouette se dessine, Svelte et brune, sur le ciel clair.

Et moi, j’imagine ta vie, Enfant qui vas seule le soir, Portant ton fagot et suivie D’un vieux et paisible chien noir.

Pauvre, orpheline et sans famille, Et sauvage avec les garçons, Tu files l’hiver, humble fille, Et tu vas glaner aux moissons.

Triste ramasseuse de branches Qui cours si tard sans t’alarmer, Tu n’as qu’un bonnet des dimanches, Tu n’as qu’un vieux chien pour t’aimer.

Et cherchant, toujours solitaire, Blé pour ton pain, bois pour ton feu, Tu vis de ce qu’on trouve à terre Comme les oiseaux du bon Dieu.

Cookies on Poetry Cove

We use cookies to remember your language preference and — only with your consent — to learn how Poetry Cove is used. You can change your mind any time.
EN HIVER · François COPPÉE · Poetry Cove