A ce prêtre, voix très lointaine
Par qui l'office est célébré,
L'orgue va répondre. Il déchaîne
D'abord son tumulte sacré.
Tout à coup il s'apaise et prie,
Et la foule devant l'autel
Dans sa mystique rêverie,
Croit entendre un écho du ciel.
De nouveau l'effort se rassemble
De tous les tuyaux de métal,
Et la cathédrale qui tremble
S'emplit d'un fracas musical.
Instrument extraordinaire !
La nature y met tous ses bruits,
Le sourd grondement du tonnerre
Et le soupir du vent des nuits.
Sous le double clavier d'ivoire
S'évoque la vie aux cent voix,
Les trompettes de la Victoire
Comme l'idylle et ses hautbois.
Mais chut !… Le prêtre psalmodie
Devant le tabernacle d'or,
Puis se tait… De flots d'harmonie
L'orgue inonde l'église encor.
Et je songe en la nef obscure
Où je priais, distrait un peu :
C'est la Vie et c'est la Nature
Répondant aux ordres de Dieu !