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1906

En écoutant l'Orgue

François COPPÉE

A ce prêtre, voix très lointaine Par qui l'office est célébré, L'orgue va répondre. Il déchaîne D'abord son tumulte sacré.

Tout à coup il s'apaise et prie, Et la foule devant l'autel Dans sa mystique rêverie, Croit entendre un écho du ciel.

De nouveau l'effort se rassemble De tous les tuyaux de métal, Et la cathédrale qui tremble S'emplit d'un fracas musical.

Instrument extraordinaire ! La nature y met tous ses bruits, Le sourd grondement du tonnerre Et le soupir du vent des nuits.

Sous le double clavier d'ivoire S'évoque la vie aux cent voix, Les trompettes de la Victoire Comme l'idylle et ses hautbois.

Mais chut !… Le prêtre psalmodie Devant le tabernacle d'or, Puis se tait… De flots d'harmonie L'orgue inonde l'église encor.

Et je songe en la nef obscure Où je priais, distrait un peu : C'est la Vie et c'est la Nature Répondant aux ordres de Dieu !

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