Skip to content
1925

BALLADE

François COPPÉE

Mon esthétique, la voici. Les bons maîtres, je les honore. Qu’un art nouveau se lève aussi, Je saluerai le météore.

Pourtant, dans les vers — que j’adore — Je veux, criminel endurci, Rythme franc et rime sonore. Les vieux Parnassiens sont ainsi.

Rimbaud, fumiste réussi, Dans un sonnet que je déplore, Veut que les lettres O E I Forment le drapeau tricolore.

En vain le Décadent pérore. Il faut, sans « mais », ni « car », ni « si », Un style clair comme l’aurore. Les vieux Parnassiens sont ainsi.

Certains « jeunes » de ce temps-ci Me voudraient voir — point ne l’ignore — Tressant des chaussons à Poissy Ou mis en bière avec du chlore,

Pour les vérités que j’arbore. Mais je proteste, Dieu merci ! Et j’offre aux fous mon ellébore. Les vieux Parnassiens sont ainsi.

Le Symbolisme nous dévore, Prince. N’en ayez point souci. Il est des poètes encore. Les vieux Parnassiens sont ainsi.

Cookies on Poetry Cove

We use cookies to remember your language preference and — only with your consent — to learn how Poetry Cove is used. You can change your mind any time.
BALLADE · François COPPÉE · Poetry Cove