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1866

A TES YEUX

François COPPÉE

Telle, sur une mer houleuse, la frégate Emporte vers le Nord les marins soucieux, Telle mon âme nage, abîmée en tes yeux, Parmi leur azur pâle aux tristesses d'agate.

Car j'ai revu dans leur nuance délicate Le mirage lointain des Édens et des cieux Plus doux, que ferme à nos désirs audacieux La figure voilée et sombre d'une Hécate.

Hélas ! courbons le front sous le poids des exils ! C'est en vain qu'aux genoux attiédis des amantes Nous cherchons l'infini sous l'ombre de leurs cils. Jamais rayon d'amour sur ces ondes dormantes

Ne vibrera, sincère et pur, et les maudits Ne retrouveront pas les anciens paradis.

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