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COMPLAINTE D'UNE FEMME A SENTIMENS.

Charles COLLÉ

DANS le siécle où nous sommes, Qu'on aime foiblement ! L'on ne peut, chez les hommes, Trouver de sentiment.

Tircis n'est point volage, Mais son cœur est usé ; Se peut-il qu'à son âge, Un cœur soit épuisé ?

TU jures que tu m'aimes, Mais, c'est si froidement ! Tircis, tes sermens mêmes Redoublent mon tourment.

Laisse le vain langage Des sermens superflus ; Aime-moi davantage, Et ne le jure plus.

COMMENT ! rien ne ranime Tes desirs languissans ! Ce n'est pas que j'estime Les vains plaisirs des sens ;

Mais que ton cœur s'enflamme, Au moins, par mes transports : Eh ! quoi ? Même ton ame A perdu ses ressorts ?

QUELS destins sont les nôtres ! Pourquoi suis-tu mes pas ? Tu n'en aimes point d'autres, Et tu ne m'aimes pas.

Suprime tes visites ; Choisi de l'un des deux : Il faut que tu me quittes, Ou que tu m'aimes mieux.

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