DANS le siécle où nous sommes,
Qu'on aime foiblement !
L'on ne peut, chez les hommes,
Trouver de sentiment.
Tircis n'est point volage,
Mais son cœur est usé ;
Se peut-il qu'à son âge,
Un cœur soit épuisé ?
TU jures que tu m'aimes,
Mais, c'est si froidement !
Tircis, tes sermens mêmes
Redoublent mon tourment.
Laisse le vain langage
Des sermens superflus ;
Aime-moi davantage,
Et ne le jure plus.
COMMENT ! rien ne ranime
Tes desirs languissans !
Ce n'est pas que j'estime
Les vains plaisirs des sens ;
Mais que ton cœur s'enflamme,
Au moins, par mes transports :
Eh ! quoi ? Même ton ame
A perdu ses ressorts ?
QUELS destins sont les nôtres !
Pourquoi suis-tu mes pas ?
Tu n'en aimes point d'autres,
Et tu ne m'aimes pas.
Suprime tes visites ;
Choisi de l'un des deux :
Il faut que tu me quittes,
Ou que tu m'aimes mieux.