Skip to content
1790

XXX

André CHÉNIER

Un frais zéphyr d'été, promené sur les eaux, Émeut moins doucement l'ombrage et les roseaux ; Sur une mer brillante, un ciel semé d'étoiles A s'approcher de terre enhardit moins les voiles ;

Vers l'ardente Clytie un regard du soleil La fait moins se pencher sur son disque vermeil, Que l'éloquent regard d'une belle attentive N'émeut et n'encourage une muse craintive.

Brillante comme vous, comme vous calme et belle, Les yeux, avec amour, se porteraient sur elle, Dirait : « Que cette muse est belle et séduisante ! Que son éclat est doux ! que sa grâce est décente !

Dans sa simplicité que de charmes secrets ! Qu'une fierté modeste ennoblit tous ses traits ! Qu'on la quitte avec peine ! et que sa voix aimable Vous laisse, au loin, dans l'âme, une trace durable ! »

Tel serait leur langage ; et mes vers répétés Encore après mille ans, seraient lus et vantés. Au moins daignez souffrir que cette main suspende A votre belle image une rustique offrande ;

Accueillez mon esclave ........................................... Il pleure loin de lui sa famille éplorée. Vos parents loin de vous, vous, leur bien, leur orgueil, Feraient couler vos pleurs et vivraient dans le deuil.

Il aime, et de regrets son âme est consumée. Amour profond, brûlant ; comme vous eût aimée Tout mortel dont l'aspect serait doux à vos yeux, Dont vos regrets suivraient l'absence et les adieux,

Dont le nom remplirait vos pensers solitaires ! ........................................... Ah ! si le sort jaloux !… Mais quels désirs ont droit de monter jusqu'à vous ? Toutefois ................................................................................

Et de l'humble mortel un vœu religieux S'élance impunément jusqu'au trône des dieux.

Cookies on Poetry Cove

We use cookies to remember your language preference and — only with your consent — to learn how Poetry Cove is used. You can change your mind any time.
XXX · André CHÉNIER · Poetry Cove