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1790

XXII

André CHÉNIER

Vous, du blond Anio Naïade au pied fluide, Vous, filles du zéphire, et de la nuit humide, Fleurs .................................................................................. Le frais zéphire, époux de la fraîche rosée,

Sur le bord des ruisseaux fait éclore ses fleurs, Famille aux doux parfums, peuple aux mille couleurs. Le lys est le plus beau des enfants du zéphire, Il lève un front superbe et demande l'empire.

Des suaves esprits dans sa coupe formés, L'air, les eaux, le bocage, au loin sont embaumés. Sous l'herbe, loin des yeux, plus aimable et moins belle, La violette fuit. Son parfum la révèle,

Avertit qu'elle est là ; que, voulant se cacher, Là, pour le sein qu'on aime, il faut l'aller chercher.

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