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1790

XII

André CHÉNIER

Que les deux beaux oiseaux, les colombes fidèles, Se baisent : pour s'aimer les dieux les firent belles. Sous leur tête mobile, un cou blanc, délicat, Se plie, et de la neige effacerait l'éclat.

Leur voix est pure et tendre, et leur âme innocente, Leurs yeux doux et sereins, leur bouche caressante. L'une a dit à sa sœur : « Ma sœur, .... L'autour et l'oiseleur, ennemis de nos jours,

De ce réduit, peut-être, ignorent les détours. Le voyageur, passant en ces fraîches campagnes, Dit : « Oh ! les beaux oiseaux ! oh ! les belles compagnes ! » Il s'arrêta longtemps à contempler leurs jeux ;

Puis, reprenant sa route et les suivant des yeux, Dit « Baisez, baisez-vous, colombes innocentes ! Vos cœurs sont doux et purs, et vos voix caressantes ; Sous votre aimable tête, un cou blanc, délicat,

Se plie, et de la neige effacerait l'éclat. »

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