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1790

Traduction d'Evenus de Paros

André CHÉNIER

Fille de Pandion, ô jeune Athénienne La cigale est ta proie, hirondelle inhumaine, Et nourrit tes petits qui, débiles encor, Nus, tremblants, dans les airs n'osent prendre l'essor.

Tu voles ; comme toi la cigale a des ailes. Tu chantes ; elle chante. A vos chansons fidèles Le moissonneur s'égaye, et l'automne orageux En des climats lointains vous chasse toutes deux.

Oses-tu donc porter, dans ta cruelle joie A ton nid, sans pitié, cette innocente proie ? Et faut-il voir périr un chanteur sans appui Sous la morsure, hélas ! d'un chanteur comme lui !

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