Ah ! vierge infortunée ! était-ce la douleur Qui devait de ton front cueillir la jeune fleur ? Mais, oh oui ! que ton cœur soit nourri d'amertume, Que des pâles regrets la langueur te consume !
Plutôt que si, crédule à de nouveaux amants, Ils égaraient ta bouche en de nouveaux serments, Et de vœux et d'amour enivrant ton oreille, Ranimaient de ton front l'allégresse vermeille.
Ah dieux ! quand je péris ! quand l'absence et l'amour, Me versent du poison sur chaque instant du jour, Quand les rides d'ennui flétrissent ma jeunesse, Si quelque audacieux et t'assiège et te presse,
Si sa main se promet de posséder ta main, Si, sans voir dans tes yeux ni courroux ni dédain, Il dit : « C'est donc aux morts que tu vis enchaînée ? Vierge, un deuil solitaire est donc ton hyménée ?
Est-ce à toi de vieillir en des pleurs superflus ? Il ne reviendra pas ; sans doute il ne vit plus ! » Il vit, il vit encore. Il revient. Tremble ! Arrête. Crains que mon désespoir n'invoque sur ta tête
Les dieux persécuteurs de qui manque à sa foi ! Cette main, ces serments, ces baisers sont à moi. Gardez-la-moi, Gémeaux, fils et rois de notre île ! Notre amour, sous vos yeux, croissait dans votre asile,
Et Junon Illythie, et vous tous, dieux témoins, Qui du lit nuptial prenez d'augustes soins, N'oubliez point l'absent que les humains oublient ! Je la confie à vous. Que les nœuds qui nous lient,
Les ordres maternels, ma voix, nos premiers ans, Vos foudres, le remords toujours, toujours présents, M'environnant son cœur d'une garde éternelle,M'environnant son cœur d'une garde éternelle, Si de quelque entretien l'insidieux détour
Voulait lui déguiser quelque amorce d'amour, Tonnez, et qu'elle fuie. Au sein des nuits peureuses, Faites entrer la foule aux ailes ténébreuses Des songes messagers de terreur et d'effroi,
Pour me remplir ce lit qui n'est permis qu'à moi. Agitez son sommeil de lugubres images, Montrez-lui, montrez-lui, sur de lointains rivages, Seul, son nom à la bouche, et pâle et furieux,
Ce malheureux qui meurt en attestant les dieux ! Nourrice d'Apollon, etc .................................................... Mer vaste ................................................................................ ............................ Et tes flots qui brisent les vaisseaux............................ Et tes flots qui brisent les vaisseaux
Sont, auprès de mon cœur, et calmes et tranquilles.Sont, auprès de mon cœur, et calmes et tranquilles. Triste vieillard, depuis que pour tes cheveux blancs Il n'est plus de soutien de tes jours chancelants, Que ton fils orphelin n'est plus à son vieux père,
Renfermé sous ton toit et fuyant la lumière, Un sombre ennui t'opprime et dévore ton sein. Sur ton siège de hêtre, ouvrage de ma main, Sourd à tes serviteurs, à tes amis eux-mêmes,
Le front baissé, l'œil sec, et le visage blême, Tout le jour en silence, à ton foyer assis, Tu restes pour attendre ou la mort ou ton fils. Et toi, toi, que fais-tu, seule et désespérée,
De ton faon dans les fers lionne séparée ? J'entends ton abandon lugubre et gémissant, Sous tes mains en fureur ton sein retentissant, Ton deuil pâle, éploré, promené par la ville,
Tes cris, tes longs sanglots remplissant toute l'île. Les citoyens de loin reconnaissent tes pleurs. « La voici, disent-ils, la femme de douleurs ! » L'étranger, te voyant mourante, échevelée,
Demande : « Qu'as-tu donc, ô femme désolée ! » Ce qu'elle a ? tous les dieux contre elle sont unis : La femme désolée, elle a perdu son fils. Son fils esclave meurt loin de sa main chérie.Son fils esclave meurt loin de sa main chérie.
« Eh bien, dit-il, enfant, puisqu'ainsi tu le veux, Marchons. Ce jeune esclave est donc bien malheureux ? Quel mortel est heureux ? Nous souffrons tous. Il pleure ? J'ai pleuré. Jupiter dans sa haute demeure,
Dit encor le poète, a deux grands vases pleins Des destins de la terre et du sort des humains. L'un contient les plaisirs, les succès, l'allégresse, L'autre les durs revers, les larmes, la tristesse.
Jupiter, à l'instant que nous venons au jour, Dans ces vases, pour nous, va puisant tour à tour, Et nous mêle une vie, hélas ! souvent amère. Plus d'un mortel n'ont part qu'au vase de misère ;
Mais le dieu ne veut pas que nul mortel jamais S'abreuve sans mélange au vase des bienfaits. Et ceux-là sont heureux et sont dignes d'envie Qui pleurent seulement la moitié de leur vie. »
Il s'approche, et mettant les deux mains sur sa tête :Il s'approche, et mettant les deux mains sur sa tête : « Oui, sois libre, Hermias !… Phœbus conservateur, Jupiter protecteur, sauveur, libérateur, Et vous, dieux infernaux, et vous, sœurs vengeresses,
Et qui que vous soyez, hommes, dieux et déesses, Je vous prends à témoin qu'Hermias de Délos Est libre. — Va, mon fils, et repasse les flots. Revois de ta Délos la rive fortunée ;
Dis à ta belle amante, aux autels d'Hyménée, Qu'Ariston de Thénos est un vieillard pieux, Qui porte un cœur humain et respecte les dieux.
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