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1790

IX

André CHÉNIER

.............................. joue et folâtre et tire Les longs crins hérissés sur les pieds du satyre. Le satyre joyeux, au regard enflammé, Crie, en des bonds légers les lance, les entraîne,

Et de son pied fendu fait retentir l'arène. De nuit, la nymphe errante à travers le bois sombre Aperçoit le satyre ; et, le fuyant dans l'ombre, De loin, d'un cri perfide elle va l'appelant.

Le pied de chèvre accourt, sur sa trace volant, Et dans une eau stagnante, à ses pas opposée, Tombe, et sa plainte amère excite leur risée. L'impur et fier époux que la chèvre désire

Baisse le front, se dresse et cherche le satyre. Le satyre, averti de cette inimitié, Affermit sur le sol la corne de son pié ; Et leurs obliques fronts, lancés tous deux ensemble,

Se choquent ; l'air frémit, le bois s'agite et tremble.

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