Skip to content
1790

Épitaphe

André CHÉNIER

Mes Mânes à Clytie : « Adieu, Clytie, adieu. Est-ce toi dont les pas ont visité ce lieu Parle. Est-ce toi, Clytie, ou dois-je attendre encore ? Ah ! si tu ne viens pas seule ici, chaque aurore,

Rêver au peu de jours où je vivais pour toi, Voir cette ombre qui t'aime et parler avec moi, D'Élysée à mon cœur la paix devient amère, Et la terre à mes os ne sera plus légère.

Chaque fois qu'en ces lieux un air frais au matin Vient caresser ta bouche et voler sur ton sein, Pleure, pleure, c'est moi ; pleure, fille adorée ; C'est mon âme qui fuit sa demeure sacrée,

Et sur ta bouche encore aime à se reposer. Pleure, ouvre-lui tes bras et rends-lui son baiser. »

Cookies on Poetry Cove

We use cookies to remember your language preference and — only with your consent — to learn how Poetry Cove is used. You can change your mind any time.
Épitaphe · André CHÉNIER · Poetry Cove