Skip to content
1797

Le Départ

François-René CHATEAUBRIAND

Compagnons, détachez des voûtes du portique Ces dons du voyageur, ce vêtement antique, Que j'avais consacrés aux dieux hospitaliers. Pour affermir mes pas dans la course prochaine,

Remettez dans ma main le vieil appui de chêne Qui reposait à mes foyers. Où vais-je aller mourir ? Dans les bois des Florides ? Aux rives du Jourdain, aux monts des Thébaïdes ?

Ou bien irai-je encore à ce bord renommé, Chez un peuple affranchi par les efforts du brave, Demander le sommeil que l'Eurotas esclave M'offrit dans son lit embaumé ?

Ah ! qu'importe le lieu ? Jamais un peu de terre, Dans le champ du potier, sous l'arbre solitaire, Ne peut manquer aux os du fils de l'étranger. Nul ne rira du moins de ma mort advenue ;

Du pèlerin assis sur ma tombe inconnue Du moins le pas sera léger.

Cookies on Poetry Cove

We use cookies to remember your language preference and — only with your consent — to learn how Poetry Cove is used. You can change your mind any time.
Le Départ · François-René CHATEAUBRIAND · Poetry Cove