L'autre soir, en ouvrant quelques feuillets de prose
Cachés sous la poussière et jaunis par le temps,
J'en vis rouler à terre une petite rose
Qui me rappela l'heure où j'avais dix-sept ans.
A sa tige pendait un bout de satin rose
Où j'aperçus le nom d'un ange aux traits charmants
Qu'autrefois j'adorai mais, fleur à peine éclose,
La mort vint la cueillir à quatorze printemps…
Je priai ce soir-là ‒ le cœur plein de tristesse ‒
Pour celle qui dora l'aube de ma jeunesse
Des rayons les plus purs des plaisirs et des ris…
Depuis, un autre amour a germé dans mon âme,
Et je vois tous les jours sa bienfaisante flamme
Illuminer le cœur de mes enfants chéris.