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1892

ROSE FANÉE

Jean Baptiste CAOUETTE

L'autre soir, en ouvrant quelques feuillets de prose Cachés sous la poussière et jaunis par le temps, J'en vis rouler à terre une petite rose Qui me rappela l'heure où j'avais dix-sept ans.

A sa tige pendait un bout de satin rose Où j'aperçus le nom d'un ange aux traits charmants Qu'autrefois j'adorai mais, fleur à peine éclose, La mort vint la cueillir à quatorze printemps…

Je priai ce soir-là ‒ le cœur plein de tristesse ‒ Pour celle qui dora l'aube de ma jeunesse Des rayons les plus purs des plaisirs et des ris… Depuis, un autre amour a germé dans mon âme,

Et je vois tous les jours sa bienfaisante flamme Illuminer le cœur de mes enfants chéris.

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ROSE FANÉE · Jean Baptiste CAOUETTE · Poetry Cove