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1892

RAYONS ET OMBRES

Jean Baptiste CAOUETTE

J'avais cru que la vie, Dans ma simple candeur, N'était qu'une série De jours pleins de bonheur ;

Que les mortels, sur cette terre, Buvaient le miel de l'amitié, Et que le riche au prolétaire Prodiguait l'or et la pitié.

Hélas ! hélas ! ces rêves roses, Sous la faux du destin, Comme les belles roses, Tombèrent un matin !…

Depuis ce jour, mon âme pleure Et ne croit plus à la gaîté. Et le dirais-je ? à certaine heure, Je doute de la vérité !

Sans cesse en proie à la souffrance, Rien ne me semble beau. Et la désespérance Me conduit au tombeau !

Oh ! qu'ai-je dit ? mon Dieu, pardonne A ma faiblesse, et ma douleur ! En me plaignant, je déraisonne, Car n'es-tu pas mon protecteur ?

Du ciel écoute ma prière Qui s'élève vers toi ; Sois toujours ma lumière, Mon esprit et ma foi !

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