J'avais cru que la vie,
Dans ma simple candeur,
N'était qu'une série
De jours pleins de bonheur ;
Que les mortels, sur cette terre,
Buvaient le miel de l'amitié,
Et que le riche au prolétaire
Prodiguait l'or et la pitié.
Hélas ! hélas ! ces rêves roses,
Sous la faux du destin,
Comme les belles roses,
Tombèrent un matin !…
Depuis ce jour, mon âme pleure
Et ne croit plus à la gaîté.
Et le dirais-je ? à certaine heure,
Je doute de la vérité !
Sans cesse en proie à la souffrance,
Rien ne me semble beau.
Et la désespérance
Me conduit au tombeau !
Oh ! qu'ai-je dit ? mon Dieu, pardonne
A ma faiblesse, et ma douleur !
En me plaignant, je déraisonne,
Car n'es-tu pas mon protecteur ?
Du ciel écoute ma prière
Qui s'élève vers toi ;
Sois toujours ma lumière,
Mon esprit et ma foi !