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1892

LE PRINTEMPS

Jean Baptiste CAOUETTE

Le givre a disparu. L'oiseau dans la ramée Exhale vers le ciel ses chants mélodieux ; L'aurore verse à flots sur la rose embaumée Comme des perles d'or, les charmes de ses yeux.

C'est le printemps vermeil ; la brise parfumée Mêle au bruit du ruisseau son murmure joyeux ; Dans les bosquets en fleurs, l'abeille, ranimée Bourdonne en butinant le miel délicieux.

O résurrection de la grande nature ! Doux printemps, j'aime à voir ta riante verdure Dérouler sur le sol son tapis de velours ! Quand tu brilles, le front du malheureux se dresse ;

Les cœurs, jeunes ou vieux, tressaillent d'allégresse, Et d'une même voix célèbrent les beaux jours !

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