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1892

LE LAC BEAUPORT

Jean Baptiste CAOUETTE

J'aime à te contempler, ô lac, que la nature A placé dans un lieu poétique et charmant ! J'aime à voir tes flots noirs refléter la ramure Des pins que le zéphyr agite mollement !

Et je songe que là, dans leur retraite obscure, Les Hurons, autrefois, vivaient paisiblement ; Mais sur tes bords mon œil ne voit plus la figure D'un seul de ces héros : ils sont morts vaillamment…

Que de fois, ô beau lac, après une victoire, Les Hurons revenaient, le front chargé de gloire, Reposer près de toi leur membres tout meurtris ; Et, que de fois aussi, l'humble missionnaire,

Portant pour bouclier la croix, le scapulaire, Allait y consoler ces malheureux conscrits !

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