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1892

LA CRÈCHE DE NOËL

Jean Baptiste CAOUETTE

L'âpre saison déroule sur la terre Son lourd manteau de neige et de frimas ; Le vent du soir soupire avec mystère Dans la ramure où brille le verglas.

Il est minuit. Le carillon du temple Jette aux échos un hymne triomphant, Et le chrétien, à deux genoux, contemple Avec amour un adorable enfant .

Il est plus grand que tous les rois du monde, Plus radieux que l'astre universel, Plus éloquent que la foudre qui gronde, Plus pur et saint que les anges du ciel !

Et cependant, il est né sur la paille ; Son divin corps éprouve des douleurs… Que l'univers d'allégresse tressaille, Car cet enfant rachète nos malheurs !

Au front du ciel une étoile rayonne, Guidant les pas des rois les plus puissants Qui vont offrir ‒ en guise de couronne ‒ Au nouveau-né l'or, la myrrhe et l'encens !

Allons chrétiens, à l'exemple des Mages, Nous prosterner devant le Rédempteur ! Adressons-lui nos vertueux hommages Et redisons : Gloire au Libérateur !

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