L'âpre saison déroule sur la terre
Son lourd manteau de neige et de frimas ;
Le vent du soir soupire avec mystère
Dans la ramure où brille le verglas.
Il est minuit. Le carillon du temple
Jette aux échos un hymne triomphant,
Et le chrétien, à deux genoux, contemple
Avec amour un adorable enfant .
Il est plus grand que tous les rois du monde,
Plus radieux que l'astre universel,
Plus éloquent que la foudre qui gronde,
Plus pur et saint que les anges du ciel !
Et cependant, il est né sur la paille ;
Son divin corps éprouve des douleurs…
Que l'univers d'allégresse tressaille,
Car cet enfant rachète nos malheurs !
Au front du ciel une étoile rayonne,
Guidant les pas des rois les plus puissants
Qui vont offrir ‒ en guise de couronne ‒
Au nouveau-né l'or, la myrrhe et l'encens !
Allons chrétiens, à l'exemple des Mages,
Nous prosterner devant le Rédempteur !
Adressons-lui nos vertueux hommages
Et redisons : Gloire au Libérateur !