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1892

LA CITÉ DE CHAMPLAIN

Jean Baptiste CAOUETTE

Assise sur un roc où notre espoir se fonde, Tu mires ta grandeur dans la vague profonde Du fleuve Saint-Laurent ; Tes vieux créneaux noircis par la poudre et la flamme

Ont l'air de regarder s'envoler la grande âme De Montcalm expirant ! Aux jours anciens, la voix de la mitraille Sur tes remparts a retenti souvent ;

Et l'étranger sur ta haute muraille Peut lire encore un poème éloquent. Un siècle et plus, les enfants de la France Ont répandu pour toi leur noble sang,

Mais délaissés par une vile engeance, Ils t'ont perdue avec le drapeau blanc… Depuis longtemps l'amour et l'harmonie Ont remplacé les haines d'autrefois ;

Et l'Angleterre avec art s'ingénie A rendre heureux les rejetons gaulois. Si dans ton sein la lutte recommence Entre ces cœurs vibrant à l'unisson,

C'est une lutte où l'esprit, la science Ont plus de part que l'éclat du canon !

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