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1892

LA CAPRICIEUSE

Jean Baptiste CAOUETTE

Quand je vous vois, petite, Sur moi fixer les yeux, Alors mon cœur palpite, Et je me sens heureux.

Mais si j'ose, méchante, Vous dire un mot d'amour Vous prenez l'épouvante En me criant : bon jour !

Quand je cause et ricane Avec un beau minois, Vous m'engendrez chicane Et m'appelez : sournois !

Mais si j'entre en colère, Un instant, contre vous, Votre bouche profère Aussitôt des mots doux !

Quand je pleure et soupire, Vous riez aux éclats ; Et quand je ris, c'est pire : Vous pleurez comme un glas !

Quand je dis : « Je désire Vous entendre chanter, » Vous vous mettez à lire Ou bien à méditer ! .

Je subis ces caprices Depuis longtemps, hélas ! Mais de vos artifices Aujourd'hui je suis las.

Moi, je veux une amante Au cœur noble et pieux : Vous êtes trop changeante Pour rendre un homme heureux ! .

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