Quelque soit ton destin, ô ma Nouvelle-Écosse ‒ Doux nid que le devoir, dans sa rigueur atroce, M'ordonna de quitter ‒ jusqu'au dernier soupir Je jure de garder ton tendre souvenir !
A tes monts que l'été couronne de verdure, A ton sol généreux qui donne sans mesure, Aux côtes de granit qui te font un rempart, J'accorde volontiers de mon cœur une part !
Dans tes vieilles forêts ‒ grandes comme un royaume ‒ Le sapin résineux répand son doux arôme ; Et, défiant toujours l'ouragan furieux, Le chêne y dresse aussi son front majestueux !
Puis dans tes champs rayonne, à travers la rosée, Une fleur que ma main à souvent caressée ; Son nom est May flower, l'orgueil de l'Écossais, Témoin de ses revers et de tous ses succès !
Je n'aurai plus peut-être, un jour, l'heureuse chance De pouvoir t'admirer, lieu cher de ma naissance ! Mais du moins quand mes yeux verront la May flower, Ils la contemplerons longtemps avec bonheur…
Adieu, Nouvelle-Écosse, ô ma belle patrie ! Quoique éloigné de toi, je t'aime à la folie ! Si les ans entre nous passent comme les flots, Mon amour grandira nourri par mes sanglots !
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