Asile du poète, ô belle Académie,
Congrès où siège seul le talent reconnu,
Ah ! tu daignes offrir, trop généreuse amie,
Dans ton temple un fauteuil à moi, barde inconnu !
Eh ! que pourrais-je faire au milieu de confrères
Mûris par la science et le rude labeur,
Imberbe que je suis ? ‒ J'oubliais : leurs lumières
Éclaireront la voie de mon esprit rêveur.
Du reste, pour avoir un titre à leur estime
Et le droit précieux de suivre leurs leçons,
Souvent je leur dirai dans le langage intime :
Ma lyre pour la France aura toujours des sons !
Unissant mes accords à ceux de nos poètes,
Sulte, Gingras, Gauvreau, Fréchette et Beauchemin,
En chœur nous chanterons ses brillantes conquêtes,
Sa grandeur, sa richesse et son heureux destin !
Sait-elle assez comment nous l'aimons, cette France ?
Ah ! nous le lui dirons avec un fier accent.
Nous avons partagé sa gloire et sa souffrance,
Terrassé ses rivaux, lutté vingt contre cent…
Oui, j'accepte, Monsieur, vos offres gracieuses !
Nos muses désormais franchiront l'océan ;
Et voyageant ensemble elles diront, joyeuses :
Succès, gloire à Québec ! Succès, gloire à Royan !