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1892

A M. VICTOR BILLAUD

Jean Baptiste CAOUETTE

Asile du poète, ô belle Académie, Congrès où siège seul le talent reconnu, Ah ! tu daignes offrir, trop généreuse amie, Dans ton temple un fauteuil à moi, barde inconnu !

Eh ! que pourrais-je faire au milieu de confrères Mûris par la science et le rude labeur, Imberbe que je suis ? ‒ J'oubliais : leurs lumières Éclaireront la voie de mon esprit rêveur.

Du reste, pour avoir un titre à leur estime Et le droit précieux de suivre leurs leçons, Souvent je leur dirai dans le langage intime : Ma lyre pour la France aura toujours des sons !

Unissant mes accords à ceux de nos poètes, Sulte, Gingras, Gauvreau, Fréchette et Beauchemin, En chœur nous chanterons ses brillantes conquêtes, Sa grandeur, sa richesse et son heureux destin !

Sait-elle assez comment nous l'aimons, cette France ? Ah ! nous le lui dirons avec un fier accent. Nous avons partagé sa gloire et sa souffrance, Terrassé ses rivaux, lutté vingt contre cent…

Oui, j'accepte, Monsieur, vos offres gracieuses ! Nos muses désormais franchiront l'océan ; Et voyageant ensemble elles diront, joyeuses : Succès, gloire à Québec ! Succès, gloire à Royan !

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