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1892

A M. P.-C. BEAULIEU

Jean Baptiste CAOUETTE

Oh ! qu'ils sont beaux ces jours où la sainte espérance Entonnait dans mon âme un chant plein de douceur ! Mon rêve se brisa, je connus la souffrance Et pleurai, mais en vain, ces moments de bonheur…

Berthe vivait pour moi ; j'avais sa confiance. D'un amour grandissant nous goûtions la saveur ; Le prêtre allait bientôt bénir notre alliance, Mais Berthe un soir partit pour un monde meilleur !

Je souffre maintenant ‒ oui, je souffre en silence ‒ Et pourtant je bénis l'austère Providence Qui me versa l'absinthe et lui tendit le miel ! Je garderai toujours, mon ami, souvenance

De celle qui dora longtemps mon existence Et brille désormais dans les splendeurs du ciel !

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