Oh ! qu'ils sont beaux ces jours où la sainte espérance
Entonnait dans mon âme un chant plein de douceur !
Mon rêve se brisa, je connus la souffrance
Et pleurai, mais en vain, ces moments de bonheur…
Berthe vivait pour moi ; j'avais sa confiance.
D'un amour grandissant nous goûtions la saveur ;
Le prêtre allait bientôt bénir notre alliance,
Mais Berthe un soir partit pour un monde meilleur !
Je souffre maintenant ‒ oui, je souffre en silence ‒
Et pourtant je bénis l'austère Providence
Qui me versa l'absinthe et lui tendit le miel !
Je garderai toujours, mon ami, souvenance
De celle qui dora longtemps mon existence
Et brille désormais dans les splendeurs du ciel !