LE homard est enfin sorti du court-bouillon.
Au sein de la mixture épicée et brûlante
Il vient de revêtir son harnais vermillon
Qu’il étale, couché dans l’herbe verdoyante.
Piquant comme un cactus, dur comme un mirmillon.
Il oppose au couteau son armure savante ;
Vain refuge, où ma main ferme et persévérante
Creuse, d’un bout à l’autre, un énorme sillon.
O chair incarnadine et pâle de la queue !
Pinces, qui me faisiez naguère une peur bleue !
Anfractuosités que j'adore fouiller !
Votre alléchant fumet trouble les plus bégueules,
Et mon cœur bat plus fort lorsque le sommelier
Met le Sauternes d’or près du Homard de gueules.