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1884

CHLOROSE

Georges CAMUSET

JE ne veux pas savoir le nombre d’hématies Que la chlorose avare a laissé dans ton sang. Je ne veux pas compter sur ton front languissant Les pétales restés à tes roses transies.

Pauvre enfant ! le nerf vague, aux mille fantaisies, Donne seul à ton cœur son rhythme bondissant ; Seul il rougit parfois ton visage innocent De l’éclat sans chaleur des pudeurs cramoisies.

Pour le dompter veux-tu connaître un moyen sûr ? N’épuise plus en vain les sources martiales, Mais laisse-toi conduire aux choses nuptiales. Au soleil de l’amour ouvre tes yeux d’azur.

Suis la loi, deviens femme, et qu'en ton sein expire Dans les blancheurs du lait la pâleur de la cire.

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