JE ne veux pas savoir le nombre d’hématies
Que la chlorose avare a laissé dans ton sang.
Je ne veux pas compter sur ton front languissant
Les pétales restés à tes roses transies.
Pauvre enfant ! le nerf vague, aux mille fantaisies,
Donne seul à ton cœur son rhythme bondissant ;
Seul il rougit parfois ton visage innocent
De l’éclat sans chaleur des pudeurs cramoisies.
Pour le dompter veux-tu connaître un moyen sûr ?
N’épuise plus en vain les sources martiales,
Mais laisse-toi conduire aux choses nuptiales.
Au soleil de l’amour ouvre tes yeux d’azur.
Suis la loi, deviens femme, et qu'en ton sein expire
Dans les blancheurs du lait la pâleur de la cire.