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1871

LES PLATANES

Aimé CAMP

O Platanes, qu’a fait l’automne De vos ogives, frais berceaux ? Du morne aspect de vos arceaux Mon regard attristé s’étonne.

Les feuilles, d’un bruit monotone, Tombent par milliers des rameaux ; Mais d’avril les souffles nouveaux Vous rendront la verte couronne.

France adorée, un vent de mort Te pénètre au cœur et te mord. Est-tu donc pour toujours flétrie ? Ou dois-tu, plus brillante aux yeux,

Sous les douces brises des cieux, Refleurir, ô noble Patrie ?

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