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1871

LES BORDS DE LA TET

Aimé CAMP

La brume estompe à l’horizon Du Canigou la masse blanche ; Les mésanges, de branche en branche, Voltigent, sous un vif frisson,

La brise frémit au buisson. Adieu marguerite et pervenche ! La saule nu sur les flots penche ; La Tet murmure un triste son.

La France, à cette heure néfaste, Ressemble à ces bords que dévaste Le souffle des sombres autans. O calamités trop certaines !

Elle peut dire comme Athènes : L’armée a perdu son printemps.

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