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1871

LE SOLDAT MOURANT

Aimé CAMP

Pour le drapeau sacré mon cœur encor tressaille. Je ne le suivrai plus sous les foudres grondants… Camarade, qui mets ta gourde entre mes dents, Merci ! Puisse de toi s’écarter la mitraille.

Les éclats d’un obus, par une affreuse entaille, Ont trouvé ma poitrine et pénétré dedans. Je brûle… Dans mes chairs sont des charbons ardents. Tout tourne autour de moi sur le champ de bataille.

Adieu. Cours me venger. Vois ma mère au retour Rends-lui ce médaillon béni par son amour. Dis-lui qu’en expirant je me souvenais d’elle ; Dis-lui que, pour sauver la patrie en émoi,

Tant de jeunes Français sont tombés comme moi, Et que, par notre mort, la France est immortelle.

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