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1871

LE SOIR DE LA BATAILLE

Aimé CAMP

On n’entend plus rugir l’homicide rafale. L‘ombre, comme un linceul, enveloppe les morts. Français et Prussiens s’égorgeaient sans remords ; Ensemble ils dorment là, mutilés, le front pâle.

Un silence lugubre, et puis, par intervalle, Les plaintes des mourants résonnant sur ces bords. Mères, pleurez. Ce sont vos fils, ces chers trésors. Hélas ! leur noble vie avec douleur s’exhale.

Sur les sanglants sillons tristement sont couchés Tous ces épis humains que le glaive à fauchés. Scènes d’horreur, souillant la planète où nous sommes… Et cependant la lune argente au loin les cieux :

Et des étoiles d’or les chœurs harmonieux Chantent : gloire au très-haut, et paix à tous les hommes !

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