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1871

LA MORT POUR LA PATRIE

Aimé CAMP

L’aède dont le chant en splendeur se déploie, Homère eut dite de vous, ô jeunes combattants, « Aussi nombreux que fleurs et feuilles au printemps. » Mais du cruel destin combien seront la proie !

O jeunesse et beauté, que couronne la joie, O vaillants cœurs, de gloire et d’amour palpitants, Vous aspirez à vivre, et, dans quelques instants, Le fer entre en vos chairs, la mitraille vous broie.

Enfants, quand la lumière est ravie à vos yeux, Allez-vous tout sanglants habiter d’autres cieux ? Ou vous absorbez-vous dans la nature immense ? N’êtes-vous plus qu’un souffle éteint dans l’air, un flot

Perdu dans l’Océan ? Ou croirons.nous plutôt Qu’une immortelle vie au sein du Dieu commence ? Platon l’a presenti, le Christ révélé : La vie est le combat. et la mort la couronne.

L’âme, fille des cieux, que le corps environne, Est un rayon divin d’un nuage voilé. Lorsque la voix d’en haut, le devoir a parlé, Des passions pour elle en vain le bruit résonne ;

En vain des sens épais le contour l’emprisonne : Son regard va plus haut que le dôme étoilé. Descendrait-elle un jour dans une sombre fosse ? Non, ta parole d’or, ô Platon, n’est pas fausse ;

Ta promesse sacrée, ô Christ ne trompe pas. Pour nos soldats fleurit la palme du martyre, Dans son immense amour le Dieu bon les attire, Leur héroïsme saint les sauve du trépas.

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