Travaillons ! Le travail honore ; Il grandit l’être intelligent. Plus tard, notre effort diligent Saura guider l’outil sonore.
La patrie est un atelier. Chaque citoyen a sa tâche ; Du nœud social qui l’attache aucun ne doit se délier.
Le paresseux tend son embûche, Et veut vivre aux dépens d’autrui ; Il traîne, importun, son ennui. C’est le frelon dans une ruche.
Dans la ruche humaine, soyons Non des frelons, mais des abeilles. Le travail produit les merveilles Que sous les cieux bleus nous voyons.
Il donne aux champs leurs blondes gerbes ; Il soumet les flots écumants ; Il enchaîne les éléments ; Il construit les cités superbes.
Il affranchit l’âme et le corps, Dompte les passions iniques, Brise les pouvoirs tyranniques ; Il rend le bras et le cœur forts.
Le travail transforme le monde, Il dit aux nations : debout ! Il trace des sillons partout. Le regard de Dieu les féconde.
Des vertus constant défenseur, Et de l’homme seule noblesse, Il est sans peur et sans faiblesse, Comme la liberté, sa sœur.
L’ouvrier des champs ou des villes N’a qu’un maître : c’est le devoir. Il l’écoute, fier de n’avoir Ni sentiments, ni mains serviles.
Son labeur, que le soir finit, Avec l’aurore se déploie, Pour donner le pain et la joie A sa famille, son doux nid.
Et cette famille si chère, Il la quitte et court au combat, Quand sur le sol sacré s’abat Une immense armée étrangère.
Le drapeau, nos droits, notre honneur, C’est sa richesse, c’est lui-même. Soldat de la France, qu’il aime, Il meurt pour elle avec bonheur.
Puisses-tu triompher, ô France ! Nous jurons, nous, tes jeunes fils, De n’être jamais asservis. Te venger est notre espérance.
Mère, de tes maux nous souffrons. Nous n’avons à nous que notre âme Et notre amour, divine flamme : Reçois-les : nous te les offrons.
Travaillons ! Le travail honore, Il grandit l’être intelligent. Plus tard, notre effort diligent S’armera du fer qui dévore.
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