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1820

Dichtstukjes

C.A. Vervier

Qu'à l'été qui fait tout languir, Le doux printemps cède la place; Que l'hiver sous des monts de glace Se prépare à m'ensevelir,

Quoi qu'on fasse pour me ternir, Je brille partout d'une grâce, D'une fraîcheur que rien n'efface, Que rien ne saurait obscurcir.

De la bergère qui me cueille, De l'enfant léger qui m'effeuille, Je ne déchire pas les doigts; Du trépas je brave les lois;

Je suis... - Je sais ce que vous êtes, Répond la Rose, mais pourquoi, Quand vous brilleriez plus que moi, M'injurier comme vous faites?

Pourquoi, quand je sens dans mon sein, Le jeune étourdi qui m'approche, Glisser une furtive main, Me faire un injuste reproche

De le punir de son larcin? Je ne suis belle qu'un matin, Il est vrai; mais qu'importe enfin Le présent d'une longue vie?

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