Skip to content
1820

Dichtstukjes

C.A. Vervier

Le bandeau qui s'attache au front des potentats, Et qui souvent leur pèse autant qu'il les décore, Quels que soient les grands noms dont leur faste s'honore, De la commune loi ne les affranchit pas;

Chaque instant mesuré par douze fois deux heures, Aux portes du tombeau les pousse comme nous, Et ces titres pompeux dont le peuple est jaloux, N'empêchent point l'ennui d'assiéger leurs demeures.

Non, ce fragile éclat ne fait pas le vrai bien. Je ne repose pas sous un dais magnifique; Je ne bois pas dans l'or; mais, sous mon toit rustique, Le sort du plus grand prince est moins doux que le mien,

Et lorsque sans regret, vers la mort qui s'avance, Courbé sur mon bâton, je me traîne à pas lents, J'aime encore à fouler, de mes pieds chancelans, Le seuil où je rampai dans ma première enfance.

Suis-je donc moins heureux que ce riche inconstant Qui, passant chaque jour, pour dormir plus tranquille, De la ville à ses champs, de ses champs à la ville, N'échappe nulle part au souci qui l'attend?

En vain les doux accords d'une molle harmonie

Cookies on Poetry Cove

We use cookies to remember your language preference and — only with your consent — to learn how Poetry Cove is used. You can change your mind any time.
Dichtstukjes · C.A. Vervier · Poetry Cove