Du sommeil sur ses yeux appellent les pavots;
Ce n'est point en cherchant des cieux toujours nouveaux,
Que l'on peut de sa couche écarter l'insomnie,
Il n'est qu'un seul asile où réside la paix;
Il est au fond du coeur: c'est là que l'homme est libre;
Là que, tenant ses voeux dans un juste équilibre,
Il trouve les seuls biens, les seuls plaisirs parfaits,
Quand de ses passions les ardeurs insensées
Obéissant enfin au frein de la raison,
Il sait de l'âge mûr écouter la leçon,
Et vers un but plus noble élever ses pensées.
Ce n'est pas que je vienne à tes regards séduits,
D'un orgueilleux cynisme affectant le système,
Dans un vil dénuement mettre le bien suprême.
La pourpre a ses chagrins; le chaume a ses ennuis;
Mais l'homme qui, sans charge et sans devoir servile,
Sous le toit paternel, citoyen respecté,
Du fruit de son travail peut vivre en liberté;
Qui, lorsque sur son char, dans une nuit tranquille,
La lune par degrés s'élève dans les cieux,
Sur le seuil de sa porte, en une douce ivresse,